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Chaussures orthopédiques homme 2026 : CHUP/CHUT/CHPO, coûts et remboursement

15 septembre 2026 · 9 min de lecture

Paire de chaussures orthopédiques homme posée sur un bureau sombre à côté d'une ordonnance médicale, éclairage tamisé

La Liste des Produits et Prestations Remboursables (LPPR) 2026 vient d'être verrouillée en septembre, avec des tarifs actualisés pour les trois catégories de chaussures orthopédiques prises en charge par l'Assurance Maladie. Problème : la plupart des hommes qui en ont besoin naviguent encore à l'aveugle entre ces trois sigles — CHUP, CHUT, CHPO — sans savoir lequel correspond à leur pathologie, ni combien il leur restera réellement à payer.

Autre angle mort, plus sérieux : depuis le 1er juillet 2024, les pédicures-podologues peuvent prescrire des chaussures thérapeutiques de série (CHUP et CHUT), au même titre qu'un médecin. Cette règle reste très peu relayée — beaucoup d'hommes pensent encore qu'un rendez-vous chez le généraliste ou l'orthopédiste est un passage obligé, alors qu'un podologue peut souvent traiter le dossier plus vite, avec un examen biomécanique en prime.

Ce guide fait ce que ni les sites d'assurance (qui restent théoriques sur la LPPR), ni les sites médicaux (qui traitent la pathologie mais sautent le remboursement), ni les sites marchands (structurellement affiliés) ne font : relier votre condition à la bonne catégorie de chaussure, au coût réel, et à la démarche administrative complète — jusqu'au formulaire Cerfa à envoyer.

LPPR 2026 : les trois catégories CHUP, CHUT, CHPO avec tarifs officiels

La LPPR est la liste qui fixe, produit par produit, la base sur laquelle l'Assurance Maladie calcule son remboursement. Pour les chaussures orthopédiques, elle distingue trois familles, et confondre l'une avec l'autre est la première source de blocage administratif.

Les CHUP (Chaussures de série à Usage Prolongé) sont des modèles standardisés, mais conçus pour accueillir une orthèse plantaire ou corriger une déformation légère à modérée, destinées à un port quotidien sur la durée. Leur tarif de base LPPR 2026 s'établit autour de 55 € la paire.

Les CHUT (Chaussures Thérapeutiques à Usage Temporaire) répondent à un besoin ponctuel : suites post-opératoires, plaie en cours de cicatrisation, traumatisme. Leur tarif de base LPPR se situe dans la même fourchette qu'une CHUP, à quelques euros près selon le modèle exact inscrit sur la liste — le principe reste celui d'un port limité dans le temps.

Les CHPO (Chaussures orthopédiques sur mesure) sont fabriquées par un podo-orthésiste à partir d'un moulage du pied, pour des pathologies plus lourdes : malformations congénitales, séquelles de chirurgie, pied diabétique à haut risque d'ulcération. Leur coût réel oscille généralement entre 400 et 700 €, très loin au-dessus des deux catégories précédentes — ce qui change tout pour le calcul du reste à charge.

Vous ne savez pas si votre cas relève d'une CHUP, d'une CHUT ou d'une CHPO ?

Qui paie quoi ? Calcul du reste à charge homme 2026

Le taux de remboursement standard de l'Assurance Maladie est de 65 % — mais 65 % de quoi, c'est là que la plupart des hommes se trompent. Ce taux s'applique au tarif LPPR de base, pas au prix payé en magasin. Un modèle facturé au-dessus de ce tarif de base ne fait pas grimper le remboursement d'un centime : la différence reste intégralement à votre charge, sauf prise en charge complémentaire par votre mutuelle.

Pour une CHUP, dont le prix de vente colle souvent de près au tarif de base LPPR, le reste à charge après Sécurité Sociale peut rester contenu, de l'ordre de quelques dizaines d'euros — un CHUP à ~55 € de base, remboursé à 65 %, laisse un reste théorique proche de 19 à 20 €, avant toute intervention de la mutuelle.

Pour une CHUT, le calcul suit la même logique, mais le prix de vente pratiqué par certains podo-orthésistes ou pharmacies dépasse fréquemment le tarif de base — le reste à charge peut alors grimper à plusieurs centaines d'euros si votre mutuelle ne complète rien.

Pour une CHPO, l'écart est le plus marqué : sur un tarif de base plafonné, le remboursement de l'Assurance Maladie ne couvre souvent que 85 à 140 € sur une paire facturée 400 à 700 €. Sans une bonne mutuelle ou une prise en charge ALD à 100 %, le reste à charge peut dépasser 300 à 500 €. C'est précisément pour ce type de dossier qu'il faut vérifier en amont les garanties « appareillage » de votre contrat, et pas seulement le remboursement dentaire ou optique.

Matrice de sélection : quelle pathologie homme demande CHUP, CHUT ou CHPO ?

Le choix de catégorie n'est pas une préférence esthétique, il découle directement du diagnostic. Voici les correspondances les plus fréquentes chez l'homme adulte :

Pied diabétique avec neuropathie ou risque d'ulcération → CHUT en phase de plaie active, CHPO si le risque est chronique et sévère (voir notre guide complet /blog/chaussures-pied-diabetique-homme-prevenir-neuropathie-ulceres). Fasciite plantaire → CHUP associée à une orthèse plantaire d'amorti (détails dans /blog/fasciite-plantaire-homme-chaussures-soulagement). Arthrose du genou, notamment chez les hommes actifs au travail → CHUP à semelle amortissante pour réduire l'impact sur l'articulation (/blog/arthrose-genou-homme-chaussures-travail). Métatarsalgie et douleur de l'avant-pied → CHUP avec semelle de décharge métatarsienne (/blog/metatarsalgie-homme-douleur-avant-pied-chaussures). Station debout prolongée au travail avec douleurs de genou → CHUP renforcée, souvent combinée à une orthèse (/blog/chaussures-orthopediques-travail-debout-homme-genou). Pieds plats avec instabilité ou douleur à la marche → CHUP associée à une orthèse de correction (/blog/pieds-plats-homme-causes-chaussures-correction).

Les malformations congénitales, les séquelles de chirurgie du pied ou le pied de Charcot relèvent presque systématiquement de la CHPO sur mesure, car aucun modèle de série ne peut compenser une déformation aussi marquée.

Remboursement 100 % en ALD : conditions d'accès et pathologies concernées

Quand une pathologie est reconnue en Affection de Longue Durée (ALD) et que la chaussure orthopédique est prescrite en lien direct avec elle, la prise en charge grimpe à 100 % de la base de remboursement — et non plus 65 %. Le diabète de type 1 ou 2 est l'exemple le plus fréquent chez l'homme adulte.

Pour en bénéficier, deux conditions doivent être réunies : l'ALD doit être formellement déclarée par le médecin traitant, et la prescription de la chaussure doit mentionner explicitement le lien avec la pathologie — prévention d'ulcération, cicatrisation d'une plaie, pied à risque, neuropathie diabétique ou pied de Charcot. Une ordonnance qui ne fait pas ce lien de façon explicite peut se voir appliquer le taux standard, même si vous êtes bien en ALD.

Le 100 % ALD s'applique toujours sur la base LPPR, pas sur le prix de vente. Pour une CHPO à 500 €, un remboursement à 100 % de la base ne signifie donc pas zéro reste à charge — la mutuelle reste souvent nécessaire pour couvrir l'écart entre tarif de base et prix réel.

Nouveau depuis juillet 2024 : prescrire via podologue OU médecin

Depuis le 1er juillet 2024, les pédicures-podologues peuvent prescrire des CHUP et des CHUT, au même titre qu'un médecin — une évolution issue de la loi du 19 mai 2023 sur l'accès aux soins, complétée par le décret du 7 juin 2024 qui autorise également l'adaptation d'ordonnances lors d'un renouvellement. Cette prescription est reconnue et remboursée par l'Assurance Maladie dans les mêmes conditions qu'une ordonnance médicale.

L'avantage du podologue : un délai de rendez-vous généralement plus court, et un examen biomécanique de la marche directement intégré à la consultation, utile pour ajuster le choix entre CHUP et orthèse seule. La limite : la CHPO sur mesure et le passage en ALD à 100 % nécessitent le plus souvent une prescription médicale, car ils s'appuient sur un diagnostic de pathologie lourde que seul un médecin peut établir.

En pratique, la stratégie la plus efficace pour un dossier simple (fasciite, métatarsalgie, pieds plats sans pathologie associée) est de démarrer chez le podologue. Pour un dossier lié à une ALD, à une chirurgie récente ou à une pathologie sévère, il reste préférable de passer par le médecin traitant dès le départ pour sécuriser le taux de remboursement à 100 %.

Étapes administratives détaillées : ordonnance → devis → achat → remboursement

1. Ordonnance : obtenue auprès du podologue (CHUP/CHUT) ou du médecin (CHPO, dossier ALD). Elle doit préciser la catégorie exacte (CHUP, CHUT ou CHPO), la pathologie justifiant la prescription et, pour une CHPO, la mention du caractère sur mesure.

2. Devis : à demander auprès d'un podo-orthésiste ou d'un point de vente agréé par l'Assurance Maladie — un achat hors réseau agréé n'ouvre droit à aucun remboursement, même avec une ordonnance en règle. Le devis doit reprendre les mêmes codes LPPR que l'ordonnance.

3. Achat et facture : conservez la facture détaillée, elle doit correspondre exactement au libellé du devis validé.

4. Envoi à la CPAM : le professionnel télétransmet généralement le dossier, mais en cas d'envoi manuel il faut joindre l'ordonnance, la facture et le formulaire Cerfa n°12042*02 (parfois référencé Cerfa n°50561#03), spécifique aux prescriptions de grand appareillage. Le remboursement de la base LPPR arrive ensuite sur votre compte, suivi le cas échéant du complément mutuelle sur présentation du même dossier.

Erreurs courantes qui bloquent ou retardent le remboursement

L'erreur la plus fréquente est une ordonnance imprécise : absence de mention de la catégorie exacte (CHUP/CHUT/CHPO), ou justification médicale trop vague pour établir le lien ALD. La CPAM peut suspendre le dossier en attendant une ordonnance rectifiée, ce qui ajoute plusieurs semaines de délai.

Deuxième piège : un devis qui ne correspond pas exactement à ce qui figure sur l'ordonnance, notamment quand le point de vente propose un modèle « amélioré » facturé au-dessus du tarif LPPR sans le signaler clairement — le remboursement reste alors calculé sur la base, mais le patient découvre le reste à charge réel seulement à la facturation.

Troisième point de vigilance : le rythme de renouvellement. L'Assurance Maladie limite la prise en charge à une paire d'orthèses ou de chaussures orthopédiques par an pour un adulte (deux pour un enfant). Une demande de remplacement anticipé sans justification médicale précise (usure anormale, évolution de la pathologie) est généralement rejetée.

Enfin, l'achat auprès d'un vendeur non agréé par l'Assurance Maladie est une cause de rejet immédiat et non négociable, même si le modèle est physiquement identique à un modèle remboursable.

Anticipez votre reste à charge réel avant de vous engager sur un modèle

Stratégies : semelle seule vs chaussure + semelle pour optimiser le remboursement

Pour de nombreuses pathologies légères à modérées — fasciite plantaire débutante, pieds plats sans instabilité marquée, métatarsalgie occasionnelle — une orthèse plantaire seule, portée dans une chaussure du commerce adaptée, suffit souvent et coûte nettement moins cher qu'une CHUP complète. L'Assurance Maladie rembourse une paire d'orthèses plantaires par an pour un adulte, sur le même principe de base LPPR et de taux à 65 %.

La CHUP devient pertinente quand la chaussure du commerce elle-même pose problème : volume insuffisant pour loger une orthèse épaisse, structure trop souple pour stabiliser une arche affaissée, ou besoin de renfort au niveau du talon ou de l'avant-pied lié à une pathologie plus installée (arthrose, station debout prolongée au travail).

Sur le plan strictement financier, semelle seule + chaussure du commerce reste la combinaison la moins coûteuse en reste à charge annuel. Mais si votre activité professionnelle impose une station debout prolongée ou le port de chaussures de sécurité, une CHUP adaptée évite l'usure prématurée d'une orthèse mal soutenue et peut se révéler plus rentable sur la durée, malgré un investissement initial plus élevé.

Questions fréquentes

Combien de temps dure la prise en charge d'une paire de CHUP ou CHUT ?

L'Assurance Maladie prend en charge le renouvellement une fois par an pour un adulte. Un remplacement anticipé n'est accepté que sur justification médicale précise, comme une usure anormale ou une évolution de la pathologie.

Un podologue peut-il prescrire une CHPO sur mesure ?

Non. Depuis juillet 2024, le podologue peut prescrire des CHUP et des CHUT, mais la CHPO sur mesure et la reconnaissance ALD à 100 % nécessitent une prescription médicale, car elles s'appuient sur un diagnostic de pathologie lourde.

Ma mutuelle complète-t-elle automatiquement le reste à charge ?

Non, cela dépend entièrement de votre contrat. Vérifiez le poste « appareillage » ou « orthopédie » de vos garanties avant l'achat, en particulier pour une CHPO où le reste à charge après Sécurité Sociale peut dépasser plusieurs centaines d'euros.

Puis-je cumuler orthèses plantaires et chaussures orthopédiques la même année ?

Oui, ce sont deux dispositifs distincts sur la LPPR, chacun avec sa propre fréquence de renouvellement annuelle. Rien n'empêche de faire rembourser une paire d'orthèses et une paire de CHUP la même année si les deux sont médicalement justifiées.

Que faire si la CPAM refuse ou retarde le remboursement ?

Vérifiez d'abord que l'ordonnance mentionne bien la catégorie exacte et, si applicable, le lien avec une ALD. En cas de rejet, une ordonnance rectificative du prescripteur permet généralement de relancer le dossier sans tout recommencer.

Faut-il une CHPO dès qu'on a du diabète ?

Non. Un diabète bien équilibré sans neuropathie ni risque d'ulcération relève souvent d'une simple orthèse ou d'une CHUP adaptée. La CHPO se justifie quand le risque de plaie ou de déformation devient sévère et chronique.

À lire aussi : la page pathologies ou notre contact.

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